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Documenter son quotidien par la poésie

Documenter son quotidien par la poésie

 


« Nous sommes faits de ce nous voyons, des lieux que nous fréquentons, mais aussi de qu’on nous en raconte. Le récit des paysages que nous font la fiction, le documentaire, les nouvelles, nos amis qui voyagent constitue peu à peu en nous une sorte de pays intérieur où l’on rapaille les images du dehors pour s’en faire une géographie intime. » Véronique Côté

Il y une forme de brouillard qu’il s’est logé derrière mes yeux et entre mes oreilles dernièrement. Si l’année dernière on nous avait demandé de patienter chez soi pendant deux semaines, évidemment qu’on n’aurait pas voulu croire que la patience allait se transformer en crainte, en ennui, en désarroi pour les mois à suivre. J’avais l’impression de manger la même soupe réchauffée au micro-ondes deux fois. Comment composer avec des journées qui peignent un tableau qui semble beige et fade? 

 

Si maintenant je suis encore en vie et que j’ai encore toute ma tête, c’est parce que je suis retournée aux sources en m’attardant à ce qu’il y avait de poétique entre mes quatre murs. 

 

Je mentirai en disant que j’ai eu l’idée par moi-même, mais c’est en revisitant l’essai La vie habitable (Documents, Atelier 10, 2014) de Véronique Côté que m’est venu un second souffle. Côté explique que la survivance doit passer par la poésie, qu’elle sert à faire pause sur tout pour pouvoir reconnecter avec soi-même et se placer devant un miroir pour trouver ce qu’elle appelle « les réponses sauvages » à des questions qui ne se posent pas comme « Comment faire pour vivre? » et « Comment faire pour vivre ensemble? ». Moi, je le vois comme un appel à la légèreté du quotidien, que si je prenais la peine de faire traverser la poésie dans « les objets et ces lieux à vocations initialement étroites » ceux-ci infusent le réel de leur scintillante existence.

 

Alors quand j’écris poésie, je ne parle pas de ces grands gestes qui font arrêter la terre de tourner, je parle des petites choses qui rendent un quotidien plus beau et plus simple : rempoter des plantes dans une terre neuve, voyager avec les 50 pas qui me séparent de mon dépanneur préféré où tu gagnes au loto quand il y a du vin rouge, même s’il est cheap, s’enchanter des voix cacophoniques du café grec sous mon balcon ou s’engager dans la route la plus longue pour aller du point A au point B pour pouvoir finir mon podcast pile au moment où je sors de l’autobus. 

 

Et si je redoute un nouveau confinement, je me console et me réjouis de savoir que la poésie m’attendra comme bouée dans l’océan.

 

Marianne Pépin

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